Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Octobre 2017

Le huard diminue légèrement tandis que l’économie canadienne ralentit son rythme effréné

Récemment, rien ne pouvait arrêter l’économie canadienne qui a connu une croissance généralisée, ce qui a incité la Banque du Canada à hausser deux fois les taux du financement à un jour depuis juillet. L’économie canadienne plus solide, les hausses de taux de la Banque du Canada et l’augmentation des prix du pétrole ont propulsé une appréciation de 7,34 % du huard par rapport au billet vert au troisième trimestre (moyenne du T3 comparativement à la moyenne du T2). Il s’agit du plus important gain trimestriel du huard depuis 2004, tel que l’a souligné la Banque Nationale. La Banque TD précise toutefois que l’économie canadienne a perdu de son rythme effréné durant la première moitié de l’année, et les données indiquent que les volumes d’exportation ont chuté en août, pour un troisième mois de recul consécutif. Porté par un ralentissement général des perspectives économiques et des nouvelles incertitudes relatives à l’ALENA, le huard a légèrement reculé par rapport au dollar américain pour atteindre 80,1 ¢ US/CAD, soit 2,4 % de moins que dans notre publication de septembre.

La Banque Nationale indique que les hausses de taux de la Réserve fédérale américaine ne sont pas tributaires des marchés et prévoit, par conséquent, que le billet vert augmentera l’an prochain par rapport au huard compte tenu de l’inflation aux É.-U. En outre, la Banque Nationale prévient que le capital à court terme constitue la principale source de financement du Canada, ce qui rend le pays vulnérable aux variations soudaines de la confiance des épargnants et le huard, plus volatil. La CIBC prévoit également un huard plus faible au cours des prochains trimestres et précise que les décideurs de politiques pourraient reculer à la suite de deux hausses rapides des taux d’intérêt. Par ailleurs, la Banque Scotia demeure généralement pessimiste quant aux perspectives du billet vert compte tenu de la faible croissance et des doutes persistants des marchés quant à la capacité de la Réserve fédérale américaine de resserrer sa politique monétaire. Desjardins est également plus optimiste quant au huard, soulignant que la Banque du Canada pourrait procéder à une nouvelle hausse de taux en octobre et a donc revu sa prévision à la hausse, à 85,0 ¢ US/CAD en fin d’exercice 2017. Dans l’ensemble, nous constatons l’absence de consensus parmi les banques sondées quant à la trajectoire future de la paire de devises.



M. Draghi défend sa position et une réunion importante aura lieu prochainement

Dans la foulée des critiques soulevées par la décision de la Banque centrale européenne (« BCE ») de ne pas modifier les taux d’intérêt, son président, M. Mario Draghi, a défendu sa position, soutenant que maintenir les taux d’intérêt « bien au-delà » du programme d’assouplissement quantitatif « est très, très important pour solidifier les prévisions quant aux taux ». En outre, M. Draghi s’est dit sûr de pouvoir ramener l’inflation à la cible de la BCE, déclarant que la BCE a « confiance qu’à mesure que les conditions continueront de s’améliorer, le taux d’inflation convergera de lui-même, comme nous l’avons précisé plusieurs fois, et de manière durable vers notre cible ».  Son discours est porteur de sens puisque la BCE décidera de l’avenir de relance dans moins de deux semaines, à la réunion du 26 octobre. 

La CIBC prévoit que la BCE diminuera progressivement le rachat d’actifs dans le cadre de sa politique d’assouplissement après la réunion d’octobre, ce qui renforcerait l’euro d’après les politiques d’encadrement. La Banque Scotia rappelle que, malgré l’élan récent de la zone euro, des risques politiques persistent, liés notamment aux questions d’indépendance régionales et à l’élection générale en Italie en mai 2018, et pourraient potentiellement mettre un frein aux gains de l’euro. Pour des raisons politiques similaires, la Banque Nationale n’entrevoit qu’une faible hausse de l’euro par rapport à ses niveaux actuels pour la période de prévision. Elle ajoute toutefois que la confiance des entreprises et des consommateurs, mesurée par l’indicateur du climat économique de la Commission européenne, est à son plus haut niveau depuis dix ans et que le niveau d’emploi dans la zone euro atteint des records.



Une faible inflation incite la Réserve fédérale américaine à la prudence et tous les yeux sont tournés vers la Banque du Canada

Les banques sondées sont divisées quant à l’annonce d’une troisième hausse de taux lors de la prochaine rencontre de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt qui aura lieu le 25 octobre. La CIBC, la BMO et la Banque Laurentienne anticipent un gel des taux pour le reste de l’exercice, la CIBC qualifiant les récentes hausses de la Banque du Canada de « paris agressifs » et la BMO citant l’endettement des ménages et un huard « trop fort ». Pour ce qui est des États-Unis, la CIBC s’attend à ce que la Réserve fédérale américaine aide le billet vert à maintenir le cap et commence à rééquilibrer son bilan et hausse les taux d’intérêt, malgré les lacunes persistantes en matière d’inflation.



Hausse prévue du taux de rendement des obligations d’État de 2 ans au Canada et aux États-Unis

Depuis la publication du mois dernier, les prévisions relatives aux taux de rendement des obligations d’État de 2 ans au Canada et aux États-Unis sont demeurées relativement inchangées. À la lumière de la hausse des taux de rendement canadiens, la TD a soulevé la question à savoir si les consommateurs avaient compris qu’ils devaient réduire leurs dépenses. La Banque Scotia a souligné que les hausses prévues de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Canada continueront d’atténuer la courbe de rendements de 2 ans des deux pays. Desjardins continue de prévoir que les taux de rendement au Canada et aux É.-U. augmenteront et ses prévisions se situent dans la fourchette supérieure des prévisions canadiennes des banques sondées, puisqu’elle anticipe que les taux des obligations du gouvernement canadien de 2 ans s’établiront à 2,45 % d’ici la fin de 2018. La RBC fournit les prévisions les plus optimistes quant aux obligations d’État aux États-Unis, avec un rendement de 2,70 % pour la même période.



L’inflation entrave la hausse du taux de rendement des obligations d’État de 10 ans aux États-Unis 

Les obligations d’État de 10 ans aux États-Unis semblent plombées par les taux d’inflation. La BMO met en garde qu’une inflation plus forte ou plus faible que prévu aux États-Unis aurait des répercussions majeures sur le marché des obligations. Par ailleurs, Desjardins décrit le taux de rendement des obligations comme « très faible », mais demeure optimiste face à l’avenir, invoquant l’économie américaine plus solide et la hausse graduelle de l’inflation. TD explique également la faiblesse des taux de rendement par l’inflation, la faible prime de terme et la demande généralement élevée pour les titres du Trésor américain compte tenu de la politique d’assouplissement. Pour sa part, la Banque Nationale prévoit que l’écart des taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada de 10 ans diminuera légèrement. De manière générale, les banques sondées anticipent que les taux de rendement des obligations d’État au Canada et aux É.-U. augmenteront jusqu’à la fin de 2018.



Croissance continue jusqu’à la fin de 2018 pour les taux de rendement des obligations à très long terme

Les taux de rendement des obligations à très long terme subissent généralement l’influence des mêmes facteurs que les obligations de 10 ans, dont la faiblesse de l’inflation et la faible prime de terme. Toutefois, les taux de rendement des obligations à très long terme au Canada et aux É.-U. devraient augmenter durant le dernier trimestre de 2017, puis tout au long de 2018. Desjardins a revu à la hausse ses prévisions du taux de rendement des obligations canadiennes à très long terme, le fixant à 3,30 % à la fin de 2018, et se trouve dans la fourchette supérieure des banques sondées, avec la RBC. Dans l’ensemble, les banques sondées s’entendent pour dire qu’elles anticipent une hausse graduelle du taux de rendement des obligations à très long terme au Canada et aux États-Unis jusqu’à la fin de 2018.






* Les dates de publication (incluses dans la note de bas de page) sont les suivantes :

Données réelles :

  • Taux d’intérêt au Canada : 12/10/2017
  • Taux d’intérêt aux États-Unis : 12/10/2017
  • Taux de change : 12/10/2017

Publications des banques :

  1. RBC : 06/10/2017
  2. CIBC : 13/10/2017
  3. Banque Scotia : 05/10/2017
  4. BMO : 05/10/2017
  5. Banque Nationale : octobre 2017
  6. TD : prévisions : 21/09/2017; résultats : 06/10/2017
  7. Desjardins : 19/09/2017

Remarque : Les prévisions de la Banque Laurentienne relatives au taux de change CAD/EUR et USD/EUR n’étaient pas disponibles au moment de la publication. 

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